Penser l’Ailleurs

Journée d’étude autour du roman de Patrick Schmoll, Là-bas sont les dragons

Vendredi 10 juin 2022

Université de Strasbourg, Maison des Sciences de l’Homme Alsace

Le titre du roman de Patrick Schmoll Là-bas sont les dragons est une invitation au voyage, et au-delà, à une réflexion sur la rencontre avec les confins. Les bords du monde connu à la fin du moyen-âge ne sont pourtant qu’évoqués par les personnages qui pérégrinent à travers cette Europe du début du Quattrocento. Ils ne s’y rendent pas, mais ils en parlent, et c’est cela l’important. L’Ailleurs, l’Autre, le passé et l’avenir, la réalité et la fiction, l’objet fuyant de l’amour, l’effort pour penser hors des cadres traditionnels, sont à la fois l’arrière-plan et le cœur du récit.

Cette journée d’étude, organisée par Salomé Deboos, maître de conférences en anthropologie à l’Université de Strasbourg, répond à l’invitation de la fiction en explorant plus avant la manière dont nous construisons, chacun selon son appartenance, une représentation différente de l’altérité. Cette construction est-elle personnelle ou correspond-elle à un imaginaire collectif ? Est-ce une simple pensée ou bien plus une élaboration dont la justification se fonde sur une pertinence scientifique ou cultuelle ? L’Autre est-il celui qui parle une langue différente, est originaire d’une localité différente de la nôtre, ou alors parle la même langue, est voisin, sur un territoire identique mais où la distance serait alors sociale ? Autant de questions qui ouvrent chacune vers de nouvelles spirales de questionnements…

« Penser l’Ailleurs » pourrait passer pour un pléonasme : l’activité de penser, d’emblée, nous extrait de l’immédiateté de l’ici et maintenant. C’est un mouvement réflexif amenant la personne (l’intellectuel, le chercheur, le lecteur…) à envisager son rapport à la croyance, à la foi que l’on a ou non dans un récit, une tradition. Cette tradition peut être la construction d’un récit admis comme « historique » sur la base d’archives tenant lieu de preuves. C’est l’un des thèmes centraux du roman : en quoi le fait historique et sa transcription relèvent-ils d’une réalité vécue, ou au contraire rapportée ou remaniée pour les nécessités de moment ? Pareillement, de quoi rend compte la cartographie ? Dessiner une carte ou une représentation cartographiée d’un endroit « autre », passe par le filtre de croyances différentes ou de la foi dans les descriptions, tant des habitants du lieu que des voyageurs qui les rapportent.

Dans le cadre de cette journée d’étude, des spécialistes de domaines différents des sciences humaines et sociales explorent en quoi l’approche critique de l’expérience de l’altérité permet de comprendre la manière dont nous envisageons et construisons notre représentation des espaces inconnus ou appréhendés uniquement intellectuellement mais jamais expérimentés par le déplacement.

Programme :

Penser le voyage dans le temps

Serge Finck, Consultant associé, Studios Almédia et Ernestine, Strasbourg

Petites rivières et grandes traversées

Richard Hellbrunn, Psychologue et psychanalyste

Une construction légendaire: Erwin von Steinbach

Pierre Jacob, Professeur agrégé d’histoire

Terres d’un vide fantasmé : penser l’oxymore antarctique

Susie Pottier, chercheure postdoctorale en ethnologie, Université de Strasbourg

Là-bas sont les dragons… et qui habite au-delà ? Le monde vu par Mahmud de Kachgar (XIe-XIIe siècles).

Stéphane de Tapia, Professeur de langue et littérature turques, Université de Strasbourg

Animation et synthèse par Salomé Deboos, Maître de conférences HDR en anthropologie, Université de Strasbourg

 

Programme complet et résumés des interventions

 

2 commentaires

  1. Peut-on avoir des précisions sur le déroulé de cette journée : heure d’accueil des participants et durée approximative des interventions, heure de clôture.
    Merci !

    1. Author

      Bonjour Sophie, voilà qui est fait 🙂

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