Amours artificielles

Patrick Schmoll

La Société Terminale 3. Amours artificielles

Édition 2020 revue et augmentée

Strasbourg, Éditions de l’ill, 2020

Les modèles du lien amoureux sont étroitement liés aux genres littéraires qui en dictent les scripts, mais également aux supports de communication qui les véhiculent.

Depuis le XIIe siècle, la figure de l’amour-passion s’impose comme la référence de nos rencontres et de nos relations amoureuses et sexuelles. Or, elle est un artefact, le produit d’une convergence entre les contenus de la littérature romanesque qui naît à cette époque, et de nouveaux usages du livre, désormais lu en privé silencieusement et intériorisé. Les médias de masse contemporains (la télévision et le cinéma en particulier) ne remettront pas en cause le principe vertical au fondement de cette narration : un auteur dicte à un lecteur ses choix amoureux et les scénarios d’une addiction à un objet exclusif.

Que devient ce modèle au tournant du millénaire, qui voit les supports de communication affectés par des transformations profondes ? Rencontres en ligne, cybersexe, pornographie, téléphonie mobile, adjuvants médicamenteux : les nouvelles technologies accompagnent l’invention de nouvelles figures de la rencontre et de la relation. Rompant avec le régime du livre et des médias de masse, elles instaurent une communication plurielle, égalitaire et réciproque, qui diffuse dans nos manières de vivre et de penser le rapport à l’autre… à plusieurs autres.

Dans un univers relationnel précarisé par l’individualisme, la quête forcenée d’amour permet au romantisme de continuer à exalter ses idéaux. Mais dans le même temps, nos pratiques amoureuses et sexuelles en contredisent constamment le paradigme.

   

Collection : Futurs Indicatifs

Parution : septembre 2020

ISBN papier : 978-2-490874-00-2

Nombre de pages : 405

Dimensions : 20 cm x 13 cm


ISBN eBook PDF : 978-2-490874-14-9

L'auteur

Patrick Schmoll

Patrick Schmoll

Patrick Schmoll est docteur en psychologie et diplômé de sciences politiques et d’histoire. Il a fait l’essentiel de sa carrière jusqu’en 2020 au CNRS, où il a été notamment rédacteur en chef de la Revue des sciences sociales. Il poursuit depuis plus de vingt ans un travail de recherche en anthropologie, sur la médiation du lien social par les nouvelles technologies (communautés virtuelles, construction en réseau du soi et de l’autre, rencontres en ligne, ludicisation du social par les jeux vidéo). Il a contribué à la structuration, autour de la revue Sciences du Jeu, du champ des « game studies » francophones. Par ailleurs acteur de l’innovation, il a participé à plusieurs projets de jeu vidéo et de serious games, a cofondé la société Almédia et conseillé le studio Ernestine.

Depuis 2021, il est gérant et directeur scientifique de PSInstitut, une société de recherche et de services en prospective et systémique.